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Créateurs de contenu : l’étude UMIIC décrypte leur rôle

Récapitulatif

L’étude de l’UMICC offre une photographie détaillée d’un secteur en pleine transformation. Les créateurs de contenu sont devenus des acteurs économiques à part entière. Leur collaboration avec les marques ne relève plus de l’expérimentation, mais d’une véritable stratégie marketing intégrée.

Pour en tirer pleinement parti, il est essentiel de comprendre leur réalité professionnelle, de structurer les partenariats dans la durée, et de miser sur des modèles comme l’affiliation, où performance, transparence et confiance se rejoignent.

L’étude UMIIC : comprendre le rôle des créateurs de contenu aujourd’hui

 

Une méthodologie croisée entre créateurs et public

L’Union des Métiers de l’Influence et des Créateurs de Contenu (UMICC) a récemment publié une étude inédite intitulée « Impact des créateurs de contenus sur les économies culturelles et informatives ». Son objectif : mieux cerner le poids réel des créateurs dans notre économie numérique.

L’étude s’appuie sur deux volets complémentaires :

  • un volet quantitatif : 569 créateurs de contenu interrogés (ayant plus de 10 000 abonnés) et 1 000 Français âgés de 18 à 75 ans
  • un volet qualitatif : entretiens approfondis avec six créateurs aux profils variés

Cette approche permet de croiser les perceptions du public et des professionnels, pour dresser un portrait complet d’un métier en pleine mutation.

 

Un métier en structuration rapide et encore peu reconnu

Parmi les premiers enseignements, on note une forte féminisation de la profession (70 %), et une majorité de créateurs âgés de 25 à 42 ans. Le statut d’auto-entrepreneur reste prédominant. La plupart disposent de communautés de taille intermédiaire (moins de 250 000 abonnés), ce qui confirme le poids croissant des profils dits « de niche ».

Le métier est perçu comme exigeant, mobilisant des compétences multiples : création de contenu, gestion de communauté, analyse des performances… Pourtant, 81 % des créateurs estiment que leur activité reste insuffisamment valorisée.

86 % des créateurs interrogés affirment vouloir continuer à produire du contenu sur le long terme (5 ans ou plus), et 57 % se projettent avec certitude dans cette activité à horizon 2 à 3 ans.

 

 

Des créateurs ancrés dans l’économie numérique

 

Un impact réel sur les comportements d’achat

L’étude révèle que 48 % des Français ont déjà effectué un achat suite à une recommandation d’un créateur de contenu. Cette influence est particulièrement forte chez les 18-34 ans, une cible stratégique pour de nombreuses marques.

Les secteurs concernés sont multiples : beauté, mode, voyage, alimentation, culture… Les plateformes jouent un rôle central dans ce processus de recommandation, en particulier Instagram (90 % des créateurs l’utilisent), TikTok (63 %) et YouTube (48 %).

 

Une expertise multidisciplinaire de plus en plus visible

Les créateurs ne sont pas de simples relais d’opinion. Ils endossent tour à tour les rôles de vidéaste, communicant, community manager, analyste ou encore formateur. 87 % déclarent que leur métier nécessite des compétences spécifiques.

Cette expertise, souvent acquise en autodidacte, fait des créateurs de véritables entrepreneurs numériques, capables de fédérer des communautés engagées autour de valeurs ou d’expertises précises.

 

Pourquoi les marques doivent s’intéresser aux créateurs de contenu et au rôle qu’ils peuvent avoir

 

Des modèles économiques en évolution (sponsoring, affiliation…)

Selon l’étude, 55 % des créateurs interrogés déclarent générer des revenus grâce à des contenus sponsorisés. Les codes promotionnels, l’affiliation et la publicité concernent 30 % des créateurs. Pour 40 % d’entre eux, l’activité de création de contenu constitue leur seule source de revenus. 

L’affiliation se démarque comme un modèle à fort potentiel. Elle permet de :

  • mesurer précisément les conversions générées par les créateurs grâce à des liens traçables (UTM, cookies, plateforme d’affiliation)

  • rémunérer à la performance, en fonction des ventes ou des leads générés

  • renforcer la transparence dans la relation entre la marque et le créateur

Ce modèle aligne les intérêts des deux parties, tout en encourageant une approche durable.

 

 

Une collaboration gagnante quand elle est bien structurée

Créer un partenariat avec un créateur ne se limite pas à un brief ou à une publication ponctuelle. Pour être efficace, la collaboration doit reposer sur :

  • une sélection rigoureuse du profil (valeurs, affinité avec la marque, taux d’engagement) 
  • un dialogue régulier et transparent
  • une marge de liberté créative laissée au créateur

Cette approche renforce l’authenticité des contenus et maximise leur impact auprès des communautés.

 

Comment professionnaliser les partenariats avec les créateurs

 

Clarifier les attentes et la rémunération

Les créateurs de contenu attendent plus de reconnaissance et de clarté dans leurs échanges avec les marques et le rôle qu’elles ont avec eux. Les principaux freins évoqués sont :

  • la pression liée aux statistiques (46 %)
  • le manque de transparence sur les algorithmes (53 %)
  • la difficulté à évaluer correctement la valeur de leur travail

Pour poser des bases solides, il est recommandé de :

  • définir des objectifs précis (notoriété, trafic, conversions)
  • convenir en amont des conditions de collaboration (livrables, délais, rémunération)
  • s’accorder sur les indicateurs de performance suivis

 

Miser sur la transparence, la liberté créative et les bons outils

Une collaboration efficace repose sur une relation de confiance. Pour cela, les marques doivent :

  • donner une vraie liberté créative aux créateurs
  • privilégier la co-construction des campagnes
  • s’équiper d’outils de suivi adaptés (plateformes d’affiliation, liens traqués, dashboards analytiques)

Cette démarche permet d’instaurer une relation partenariale durable, loin des approches opportunistes.

 

Ce que révèle l’étude : les fragilités du secteur

 

Des revenus instables pour une partie des créateurs

Un chiffre marquant ressort de l’étude : 1 créateur sur 5 ne perçoit aucun revenu de son activité. Cela souligne la précarité qui subsiste, malgré une professionnalisation croissante.

Le manque de soutien public (85 % ne connaissent pas les aides existantes) et l’absence de statut clair freinent également la reconnaissance du métier.

 

Le besoin de reconnaissance et de soutien structurant

L’étude met en évidence une attente forte de la part des créateurs : être mieux considérés, tant par les institutions que par les marques. Cela passe par :

  • des collaborations équilibrées
  • des rémunérations justes
  • une valorisation de leur expertise et de leur rôle économique

Les marques peuvent jouer un rôle moteur dans cette dynamique, en contribuant à structurer un écosystème plus juste et plus stable.

 

Affiliation et créateurs : un modèle à fort potentiel

 

Une solution mesurable et performante pour les marques

Les créateurs de contenu jouent un rôle primordial dans le secteur de l’affiliation. L’affiliation offre aux marques un cadre structuré pour collaborer avec des créateurs :

  • le suivi des conversions est facilité via des outils de tracking
  • les performances sont lisibles et comparables
  • les budgets sont maîtrisés grâce à une rémunération à la performance

C’est un levier particulièrement adapté aux créateurs dits « intermédiaires », qui disposent d’un fort taux d’engagement mais d’une audience plus restreinte.

 

Un levier de monétisation durable pour les créateurs

Pour les créateurs, l’affiliation représente une alternative ou un complément aux partenariats traditionnels. Ce modèle :

  • valorise la qualité et la pertinence des contenus
  • offre des revenus plus stables, indexés sur la performance réelle
  • préserve l’indépendance éditoriale, en évitant la sur-sollicitation des contenus sponsorisés

Adoptée dans un cadre clair et transparent, l’affiliation peut s’inscrire dans une stratégie à long terme.